Fondations cyclopéennes
Les fondations cyclopéennes font partie de la famille des fondations un peu plus écologiques que les fondations conventionnelles (mais un peu plus seulement). Le terme « cyclopéen » fait référence aux Cyclopes, créatures issues de la mythologie grecque, dotées d’une grande force physique, forgerons et bâtisseurs.
Bien qu’elles ne soient pas reconnues dans le cadre réglementaire français, les fondations cyclopéennes, composées de pierres noyées dans du béton de chaux, étaient traditionnellement utilisées jusqu’à l’après-guerre. Des pierres de grande taille sont placées au fond d’une tranchée d’au moins 60 cm de profondeur (de façon à atteindre la zone hors gel), puis sont recouvertes d’un mortier composé de sable et de gravier, de chaux hydraulique et d’eau. Des pieux en bois imputrescible (éventuellement passés au feu pour augmenter leur résistance) peuvent être associés aux fondations cyclopéennes pour augmenter leur ancrage dans le sol. Plusieurs couches de mortier mélangé à des pierres et à des cailloux de plus petit diamètre sont versées jusqu’au remplissage complet de la tranchée.
Associées au bâti traditionnel et donc à une forme de sobriété, le bilan carbone des fondations cyclopéennes est pourtant loin d’être négligeable, du fait de la quantité importante de chaux hydraulique nécessaire, obtenue par cuisson de blocs de calcaire à environ 1200°C. Néanmoins, elles consomment moins de liant hydraulique que les fondations conventionnelles à base de béton de ciment armé, car le mortier de chaux ne sert qu’à enrober les pierres qui constituent la majorité de la structure. Une étude de sol est néanmoins indispensable avant de mettre en place des fondations cyclopéennes : si le sol dur est trop profond ou si le terrain est très argileux, les pieux en acier ou en bois sont préférables.
📖 Tréhet C. (2019) – Des fondations cyclopéennes sur pieux de châtaignier, La Maison Écologique, n°109, p. 58-61
📷 La Maison Écologique, n°139, 2024