Confort d’été : pourquoi isoler ne suffit pas
19 août 2026



Internet ne manque pas d’articles sur le confort d’été, mais que voulez-vous, c’est de saison, et vous ne verrez pas d’aussi belles courbes ailleurs.
La maison est isolée par l’extérieur avec 20 cm de fibre de bois rigide. C’est un isolant dense, réputé pour son temps de déphasage important, ici 12h. Le déphasage, c’est le décalage temporel entre le moment où la température est maximale à l’extérieur et celui où elle l’est à l’intérieur. Il a longtemps été l’un des principaux arguments en faveur de l’utilisation des matériaux biosourcés (parce que visiblement l’argument environnemental n’est pas suffisant). Moins connu est son corollaire l’amortissement qui est la proportion de l’onde de chaleur extérieure transmise à l’intérieur.
En 2024, Franck Janin et al. ont montré que le déphasage ne rentrait en jeu que dans 20% des flux thermiques (murs extérieurs et plancher haut), alors que l’ensemble des parois jouent un rôle dans le comportement thermique d’un logement. Les auteurs notent également que plus le bâtiment est isolé, moins le déphasage a d’influence sur la température intérieure, car les flux thermiques sont d’autant plus réduits.
Isoler est donc une étape indispensable pour garder son logement au frais, mais ce n’est pas suffisant. Les protections solaires extérieures sont également essentielles, y compris au nord, qui est soumis à des apports solaires indirects. Contrairement aux casquettes, les volets protègent le vitrage toute la journée, y compris du rayonnement diffus. Ils permettent aussi de ventiler la nuit en sécurisant les ouvertures. Un autre levier d’action est l’isolation du ballon d’eau chaude (je l’ai fait pour l’hiver, les gains ont été significatifs). Enfin, il faut évidemment limiter les apports de chaleur internes : pas de sport à l’intérieur, pas de cuisson au four…
📖 Janin F., Delpont J.-L., Janin M., Janin N. (2024) – Le confort d’été dans l’habitat. Principes fondamentaux, études de cas et solutions écologiques, Éditions Terre Vivante, 224 p.