Sable & construction : impacts écologiques et solutions alternatives

1er septembre 2026

J’ai récemment eu l’occasion de visiter l’une des carrières de sable de la société Fulchiron à Milly-la-Forêt. Ce sable fin et blanc, dit « de Fontainebleau », s’est déposé il y a 30 millions d’années lorsque le Bassin parisien était recouvert d’une mer peu profonde. Réputé pour sa pureté (jusqu’à 99% de silice), il est notamment utilisé dans la verrerie, de nombreuses industries et… les enduits !

On a beaucoup parlé du sable ces dernières années, a fortiori puisque le secteur de la construction est le premier consommateur mondial de sable. Le sable du désert étant inadapté à la construction, l’exploitation concerne uniquement le sable marin et de rivière, avec des conséquences désastreuses pour l’environnement : le sable extrait des rivières, dont le cheminement naturel est déjà interrompu par les barrages, ne peut pas rejoindre la mer, modifiant la morphologie des côtes et provoquant l’érosion des littoraux, exposant ainsi les populations à des risques accrus d’inondation. Certaines îles indonésiennes ont déjà disparu à cause de l’extraction intensive de sable.

L’érosion des côtes a également des conséquences sur l’agriculture : l’infiltration de l’eau de mer dans les estuaires augmente la salinité de l’eau de rivière et rend les terres inexploitables. Outre les impacts sur les populations humaines, les méthodes d’extraction du sable marin et de rivière ont évidemment un fort impact sur la biodiversité, modifiant le fonctionnement hydrologique des cours d’eau, bouleversant les écosystèmes.

Environ 35 Mt de déchets inertes (béton, gravats, ciment, verre, etc.) sont générées annuellement en France pour le secteur du bâtiment (hors travaux publics). Le recyclage du béton est présenté comme une solution pour réduire la consommation de sable : c’est l’objectif du projet de recherche SAND mené le Cerema, le centre de recyclage Clamens et l’entreprise Parex-Sika. Dans les enduits, les alternatives les plus vertueuses sont évidemment les fibres végétales, comme la paille, le chanvre et le lin, mais il est également possible de remplacer le sable par du verre recyclé, vendu comme média abrasif pour le sablage.

📖 RICHER Camille (2018) – Le sable, une ressource en voie d’épuisement, Reporterre, mis en ligne le 26/04/2018

📖 MAGALHÃES Nelo (2022) – Matières à produire l’espace : une histoire environnementale des grandes infrastructures depuis 1945, thèse de doctorat, Université Paris Cité, 473 p.

💻 BERNON Nicolas (2019) – Le sable, une ressource essentielle en voie de disparition, Observatoire de la côte Nouvelle-Aquitaine, mis en ligne le 17/09/2019

💻 Cerema (2021) – Vers des sables alternatifs issus de la déconstruction des bâtiments : le projet de recherche SAND, mis en ligne le 18 octobre 2021

🎥 Documentaire Sable : enquête sur une disparition de Denis Delestrac (2013)