Fondations sur pieux bois
Précédemment, j’ai évoqué les fondations en pieux en acier vissés. Si le bilan carbone de l’acier n’est pas mauvais grâce à une industrie bien rodée (2 kg éq. CO2/kg), cet alliage de fer et de carbone issu de l’extraction minière n’est pas sans impact sur l’environnement. Dans certains cas, les solutions techniques peuvent consister en un retour à des solutions traditionnelles. En effet, pendant des siècles, les bâtiments et les ponts ont été bâtis sur des pieux en bois. De nombreux édifices parisiens en bon état sont d’ailleurs construits sur des pieux en bois (Perrot, 2016). Les informations qui suivent sont issues de la thèse de J. Christin (2013).
Le bois (en général du robinier ou du châtaigner) était utilisé y compris dans des environnements agressifs comme les zones côtières pour la réalisation de jetées ou d’ouvrages de protection du littoral. Si cette technique a été abandonnée en France à l’invention de la chaux hydraulique, permettant la fabrication du béton immergé, les pieux en bois sont toujours largement utilisés aux Pays-Bas, dans les pays scandinaves, aux États-Unis, au Canada et en Australie. Contrairement aux idées reçues, l’usage des pieux en bois n’est pas réservé qu’à des ouvrages légers : le superdôme de Louisiane est bâti sur des pieux en bois supportant 130 000 m3 de béton et 18 000 t d’acier (Reynolds, Bates, 2009).
Si l’usage des pieux en bois connaît des limites (pas de cadre réglementaire en France quant au dimensionnement, dégradation fongique suite à l’apparition de zones de marnage), ils demeurent une alternative pertinente aux autres technologies de pieux du point de vue environnemental : le bois est une ressource renouvelable, disponible localement, sa faible masse volumique par rapport au béton ou à l’acier limite la consommation d’énergie fossile nécessaire à sa transformation et à son transport et les déchets liés à sa transformation peuvent être valorisés.
💻 Perrot A.-C. (2016) – « Beaucoup d’édifices sont encore construits sur des pieux de bois », Le Parisien, en ligne
📖 Christin J. (2013) – Système de fondation sur pieux bois : une technique millénaire pour demain, thèse de doctorat, Université Paris-Est, 372 p.
📖 Reynolds T., Bates P. (2009) – The potential for timber piling in the UK, Ground Engineering, p. 31-34